Témoignages sur l’impact du confinement en lien avec la privation de culture

Témoignages du Comité Culture en-Vie, en réponse à l’appel #StillStanding For Culture

Février et mars 2021

Au nom du comité culturel « Culture en-Vie »,
Nous avons faim, faim de culture.
Nous sommes en manque de culture
Nous avons besoin de retrouver le plaisir
d’aller au théâtre, au cinéma…..
Nous avons besoin de revivre des moments
de convivialité, d’émerveillement , de
divertissement, d’évasion, en un mot de
partage culturel.

Nous demandons de se réapproprier le droit à
la culture qui a été réduit par la pandémie,
voire supprimé par nos instances
gouvernementales.
Le monde de la culture a besoin d’oxygène, la
culture est essentielle pour préserver le bien-
être social et mental de chaque citoyen, en
attente d’une bouffée d’art frais dans la cité.

Marc

La culture est un droit essentiel. Un monde sans culture c’est comme une forêt sans arbres.
La culture est une fenêtre sur le monde, elle permet de connaître d’autres pays, leurs traditions ainsi que leur musique ou leur gastronomie.
L’art qui fait partie de la culture est un combat qui lutte contre le racisme ou les inégalités notamment entre les hommes et les femmes. Il dénonce les dictatures, les oppressions de même que les atrocités de la guerre comme le tableau « Guernica" de Picasso qui s’est inspiré du bombardement de la petite ville basque par l’aviation allemande au service du dictateur espagnol Franco en 1937.
La culture permet aussi de se réunir, de partager des émotions et d’aller à la rencontre de l’autre.
La culture est un droit pour tous.

Marie-Luz

"Cela fait un petit temps maintenant que l’on ne s’est pas vus et tu me manques chaque jour. Ça me désespère car quand je te voyais, tu m’inondais de ta splendeur, comme les rayons du soleil réchauffant les cœurs. Chaque jour de la semaine je pense a toi. Je ne sais pas quand on se reverra et cette indécision me mine mais malgré tout je garde l’espoir de jours partagés avec toi.
Nous nous entendions si bien, nous formions un tout. Nous étions fidèles, emportés par notre enthousiasme de découvrir de nouvelles et jolies choses.
Toutes les saisons nous trouvaient ensemble et nous étions, malgré notre union, entourés de tas de gens. Chaque fois que je pense a toi, je me remémore nos instants radieux et il m’arrive de pleurer ce bonheur perdu. Mais la joie est aussi dans mon cœur quand je repense à nous deux. Je me dis qu’un jour on se retrouvera et que notre histoire commune reprendra de plus belle. J’ose y croire mais le temps me semble long. Je répète ton nom pour ne pas t’oublier, oh toi qui te nomme CULTURE. Tu gardes le lien et le partage entre nous tous. Quand te reverrais-je ?
Tu me manques, tu me manques, tu me manques."

Isabelle

L’EQUILIBRE ROMPU
Journée mondiale de la justice sociale, c’était hier et demain aussi, enfin, j’espère.
Et cela me parle, m’interpelle.
Parce que je la cherche cette justice et je ne la trouve pas, je ne la retrouve plus.
Parce que la culture est bâillonnée, les migrants enfermés, la pauvreté camouflée.
Parce que la balance penche ostensiblement, discrètement, mais férocement d’un coté ; l’équilibre est rompu les œillères s’ajoutent aux masques.
La répression s’intensifie, se multiplie et cela me révolte
Parce qu’un monde sans artistes est un monde stérile
Parce que la culture est cadeau, la culture est partage ; elle est émotion, elle est mémoire, elle est infinie.
Parce qu’ artistes de l’ombre ou de la lumière, à la fois créateurs, peintres, danseurs, écrivains, musiciens, techniciens, comédiens et aussi spectateurs, la culture c’est vous, la culture c’est nous !
Parce que nous sommes chuchoteurs d’histoires, faiseurs de rires, rêveurs de liberté, déclencheurs de conscience, créateurs de fantaisies, passeurs d’invisibles, empêcheurs de tourner en rond, semeurs d’étoiles, nous avons besoin d’espace, besoin de liberté, besoin de partager les étoiles.
Encore et encore je m’insurge, je m’indigne
Parce que nous sommes aussi des migrants aux identités multiples…ethnique, religieuse et sociales ; enfants venus d’ici ou d’ailleurs, descendants de druides ou du petit prince.
Parce que nous sommes terriens intimement reliés, parfaitement imparfaits
Parce que nous pouvons choisir pour cible le meilleur
Parce que réaliser que nous sommes les minuscules parcelles d’un grand tout rend le partage possible, évident ! Cessons de fermer les yeux, de s’enfermer ! Apprenons à nos enfants à aimer, à lire, à réfléchir, à partager et surtout à ne pas juger ni condamner
Parce que les étoiles dans nos yeux, comme dans les vôtres manquent cruellement
Parce que nous sommes l’ essence – ciel.

21 février 2021
© Ann’Abel De Schepper

Témoignages des membres du Comité Fenêtre Culturelle, à la suite du confinement de mars 2020

Le 6 juillet 2020

"Je ressens de la colère, de la tristesse, et de la solitude de ce que j’ai vécu. Mais la solidarité est là, du soutien, une force d’être tous ensemble lorsqu’on a fait les masques. Maintenant ça va mieux, je souffle un peu, j’avais envie de vous retrouver, …"

"Je me sens vide, j’avais pas fort le moral, je me sens pas bien dans ma peau. J’ai le contrecoup du confinement et en plus j’ai des douleurs physiques à l’épaule. L’isolement a été dur, c’était difficile de voir personne, on s’installe dans un mal-être … "

"J’ai pris une photo cafouillis mais parce que je voyais surtout les couleurs noires au début du confinement et maintenant c’est surtout les couleurs que je vois sur la photo. Et ça me fait énormément de bien de voir du monde et d’être ici avec vous."

Partenaires : Le Club 55 de l’Equipe asbl

Séances du comité culturel MELTING POTES, à la suite du confinement de mars 2020

Le 17 juillet

“ Réserver par téléphone ou internet c’est chiant, on n’a pas tous accès à ça”

“ ça m’a dérangé beaucoup de ne plus venir à la Samaritaine car je me suis ennuyé et ça faisait partie de mes habitudes. Je me suis senti plus confiné pendant le déconfinement que pendant le confinement. Au moment du confinement je suis sorti tous les jours, je marchais et il y avait pas de voiture c’était chouette de marcher sur la route, mais au déconfinement je me suis senti encore plus seul de revoir les gens prendre leur vie et moi pas, pas d’activités en groupe, pas de bénévolat … ce qui m’a le plus manqué pendant le confinement c’était nos réunions, c’est un plaisir énorme de se retrouver”

“Je ressens de la tristesse et de l’inquiétude”

“Il y a beaucoup de critiques sur les jeunes qui ne respectent pas mais si on leur parle on se rend compte qu’ils disent tous « on devient fous enfermés »”

“Ce ne sera pas possible de reprendre comme avant mais il faut qu’on arrive à revivre, à être en lien, malgré la prudence.”

Le 15 octobre

“Il y a toujours pire, il faut être positif, ce n’est pas un concours à qui souffre le plus... mais je suis fatiguée… pour pas se focaliser sur sa douleur, dans ces cas-là il faut faire ce qu’on aime faire, normalement j’y arrive mais ici sans activité je suis très pessimiste mais j’essaie d’être positive.”

“Je ne panique pas trop mais le virus prend beaucoup beaucoup de place dans nos vies (...) ce qui est bien c’est d’avoir pu reprendre mon travail mais en dehors du travail, qui est plus stressant car maintenant le rythme de nettoyage est dur c’est comme dans les hôpitaux on fait ça partout et on a une grosse responsabilité, les sorties me manquent, le cinéma, le théâtre... à part la lecture quelle distraction on a ? ”

Partenaires :
Comité de la Samaritaine
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